ABDELKADER MANA

06/08/2014

Gaza : Rony Brauman, Régis Debray, Christiane Hessel et Edgar Morin interpellent François Hollande

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Le Monde (version papier), 5/07 :

 

<< On ne sache pas que le président russe, Vladimir Poutine, ou l'un de ses subordonnés, ait donné l'ordre de faire sauter en vol le Boeing 777 de la Malaysia Airlines. Mais il y a déjà cinq fois plus de civils innocents massacrés à Gaza, ceux-là soigneusement ciblés et sur l'ordre direct d'un gouvernement. Les sanctions de l'Union européenne contre Israël restent au niveau zéro. L'annexion de la Crimée russophone déclenche indignation et sanctions. Celle de la Jérusalem arabophone nous laisserait impavides ? Peut-on à la fois condamner M. Poutine et absoudre M. Nétanyahou ? Encore deux poids deux mesures ? >>

<< Les appels pieux ne suffisent pas (…) Quand les victimes sont des civils, femmes et enfants sans défense qui n'ont plus d'eau à boire, non pas des occupants mais des occupés, et non des envahisseurs mais des envahis, il ne s'agit plus d'implorer mais de sommer au respect du droit international... >>

<< [François Hollande], vous n'avez jamais chanté La Vie en roseen trinquant avec l'autocrate de Damas ou avec le calife de Mossoul comme on vous l'a vu faire sur nos écrans avec le premier ministre israélien au cours d'un repas familial... >>

<< L'extrême droite israélienne vous semblant moins répréhensible que l'extrême droite française [2]  >>, cette inconséquence de la part d'un Président français pourrait néanmoins lui permettre des pressions sur Israël  [3] : c'est bien de prendre<<  personnellement en main >>  le deuil des familles des victimes du crash du Mali, mais puisque le président a de si bonnes relations avec Netanyahou, il devrait aussi << monter en première ligne>> devant une  << catastrophe humanitaire >> (Gaza) issue de décisions politiques sur lesquelles il peut intervenir, << surtout quand les responsables sont de ses amis ou alliés... >>

Car il ne devrait pas échapper à M. Hollande << que faux-fuyants et faux-semblants ont une crédibilité et une durée de vie de plus en plus limitées. >>

Révolté par « les meurtres perpétrés par l’Etat d’Israël », un Juste rend sa médaille

 

 Le père de Henk Zanoli avait été envoyé en 1945 dans le camp de concentration de Mauthausen, après avoir critiqué à plusieurs reprises en public le régime nazi. Une déportation qui n'avait pas empêcher le jeune homme, laissé seul avec sa mère, de cacher à son domicile un enfant juif dont les parents avaient été tués. Un acte de bravoure qui lui avait valu, ainsi qu'à sa mère, de recevoir en 2011 le titre de Juste parmi les nations, décerné par le mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem.

Mais le Néerlandais, aujourd'hui âgé de 91 ans, a décidé de renoncer à cette distinction honorifique, la plus prestigieuse délivrée par l'Etat d'Israël à des civils,relate Haaretz. Selon le quotidien israélien, une lointaine cousine de l'homme a été tuée, avec son mari et ses trois enfants, lors d'un bombardement de Tsahal dans la bande de Gaza.

"Il est particulièrement choquant et tragique aujourd'hui, quatre générations plus tard, que notre famille soit confrontée à l’assassinat de nos proches à Gaza", a écrit Henk Zanoli dans une lettre expliquant sa décision. Il s'agit d'un "meurtre perpétré par l'Etat d'Israël""En ce qui me concerne, garder l'honneur accordé par l'Etat d'Israël, dans ces circonstances, serait à la fois une insulte à la mémoire de ma mère courageuse qui a risqué sa vie et celle de ses enfants (...) tout comme une insulte pour ceux de ma famille, quatre générations plus tard, qui ont perdu pas moins de six de leurs parents à Gaza aux mains de l'Etat d'Israël."

L'armée israélienne, contactée par Haaretz, n'a pas souhaité commenter l'information.

 

 

14:46 Écrit par elhajthami | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/08/2014

Leïla Shahid : « Un crime de guerre avec la complicité de la communauté internationale »

Un Palestinien se tient dans les décombres de Khuzaan, samedi 3 août.

Un Palestinien se tient dans les décombres de Khuzaan, à l'est de Khan Younes, samedi 3 août. 

"Ce n’est pas une guerre contre le Hamas, comme le prétend Israël, mais une guerre contre le peuple palestinien" 

Dans L'Humanité Dimanche. Pour Leïla Shahid, ambassadrice de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne, le gouvernement de Netanyahou cherche avec cette guerre à briser l’unité retrouvée des Palestiniens pour les empêcher d’aborder de nouvelles négociations à partir d’une position renforcée. Elle appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités face aux crimes du gouvernement le plus extrémiste de l’histoire d’Israël.

Humanité Dimanche. Israël vient de franchir un nouveau seuil dans la guerre contre Gaza...
Leïla Shahid. L’offensive terrestre sur Gaza au nord, au centre et au sud, à travers les axes déjà empruntés en 2012, est la chronique d’une tragédie annoncée. C’est le résultat de la complicité de la communauté internationale, qui n’a même pas condamné Israël depuis le début de l’agression aérienne il y a deux semaines et le carnage dans la population civile, se limitant à renvoyer dos à dos l’agresseur et l’agressé en violation honteuse de tous les principes du droit international. Israël prend encore une fois comme alibi les tunnels de Gaza. Ceux-ci existent depuis le début de l’occupation en 1967. Ils ont servi comme chemins de contrebande, comme routes clandestines pour les Égyptiens qui commerçaient avec les Palestiniens durant le règne de Moubarak, dans un territoire où vivent 1,7 million de personnes totalement assiégées par terre, mer et air, et qui tentent de survivre, un territoire où le taux de chômage atteint 30 % et où l’eau potable ne coulera plus à partir de 2020, selon la Banque mondiale. Ceci n’est pas une guerre contre le Hamas, comme le prétend Israël, mais une guerre contre le peuple palestinien.

Humanité Dimanche. Comment expliquez-vous la passivité de l’opinion internationale ?
Leïla Shahid. L’opinion internationale a été in-fluencée par la façon dont a été présentée cette tragédie. L’occupation durant 47 ans a été occultée sous couvert d’un amalgame avec le djihadisme mené par l’EIIL (l’État islamique en Irak et au Levant), al-Qaida et AQMI en Syrie, en Irak et en Afrique. Israël a abusé l’opinion internationale en tirant profit d’un contexte général d’islamophobie.

Humanité Dimanche. Approuvez-vous le rejet par le Hamas du cessez-le-feu à l’initiative de l’Égypte ?
Leïla Shahid. Le Hamas n’a pas été associé aux négociations pour un cessez-le-feu à l’initiative de l’Égypte. Il n’a pas été consulté préalablement à cet accord et ne l’a donc pas accepté. Aujourd’hui, au troisième jour de l’offensive terrestre, les contacts ont été repris entre l’OLP dirigée par Mahmoud Abbas, le Hamas, l’Égypte, la Turquie et le Qatar, avec le soutien de la France, des États-Unis et des Nations unies. L’objectif de cette nouvelle initiative est le cessez-le-feu immédiat, mais aussi la levée du blocus sur la bande de Gaza. Il est impensable qu’après plus de 500 morts, des milliers de blessés et toutes les destructions, on revienne au statu quo antérieur.

Humanité Dimanche. Mahmoud Abbas a demandé que la Palestine soit placée sous protection internationale. Des voix s’élèvent au Parlement européen pour aller dans ce sens...
Leïla Shahid. Je reviens à la position de principe que je répète partout. Ce conflit n’a pas de solution militaire. Israël se conduit comme une brute aveugle en usant de sa puissance militaire, exactement comme les États-Unis en Afghanistan et en Irak, avec les mêmes méthodes (drones, bombardements aériens massifs et des supposées commissions d’enquête à propos des « victimes collatérales » comme les 4 frères et cousins tués sur la plage où ils jouaient et plus d’une dizaine de familles décimées d’un coup sous les décombres de leurs maisons). Oui, il faut immédiatement mettre la Palestine sous protection de l’ONU, comme le demande Mahmoud Abbas auprès du Conseil de sécurité et des membres du Conseil des droits de l’homme. C’est un devoir moral, éthique, politique et juridique des membres de l’ONU, à commencer par les États membres de l’Union européenne. Mon président a également demandé à la Suisse de réunir toutes les puissances contractantes de la 4e convention de Genève qui protège normalement les populations civiles en temps de guerre. Nous avons besoin du soutien des sociétés civiles et des gouvernements pour que ces requêtes aboutissent. Appeler à la reprise des négociations est une blague après l’échec des efforts de John Kerry. Il faut que la communauté internationale assume ses responsabilités devant le refus de Netanyahou de respe c ter le s paramèt re s de l a négociation. Nous sommes en présence d’un crime de guerre dans une impunité totale et avec la complicité de la communauté internationale. Nous avions espéré que ce nouveau cycle s’achève sous l’égide d’une réconciliation qui permette l’organisation de nouvelles élections parlementaires et présidentielle, la relance d’une construction démocratique. C’est cette perspective bien accueillie par la communauté internationale qu’Israël a soigneusement torpillée, sachant qu’elle renforçait Mahmoud Abbas tout autant que le Hamas, sachant qu’elle constituait une base sur laquelle nous pouvions construire une nouvelle stratégie et relancer les négociations à partir d’une position renforcée de la partie palestinienne unifiée sous l’égide de l’OLP.

1 822 Palestiniens tués depuis le 8 juillet

  • Selon un bilan communiqué lundi 4 août au matin par les secours palestiniens, 1 822 Palestiniens, très majoritairement des civils, ont été tués. Ce bilan augmente au fil des bombardements, mais aussi à mesure de la découverte de nouveaux corps sous les gravats.
  • Côté israélien, 64 soldats et 3 civils ont été tués et 400 autres blessés. Depuis le début du conflit, le 8 juillet, l'armée israélienne a procédé à 4 686 bombardements dans la bande de Gaza. Sur la même période, 2 560 roquettes et tirs de mortier provenant de militants palestiniens ont frappé l'Etat juif, dont 556 ont été interceptés par le système de défense antimissile « Dôme de fer ».

 

 

04:42 Écrit par elhajthami | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/07/2014

Quatre enfants tués à Gaza/ "le blocus illégal de Gaza doit être levé".

Un Palestinien transporte le corps d'un enfant tué par un bombardement israélien, le 16 juillet.

Est-ce la bavure de trop ? Mercredi 16 juillet, au neuvième jour des bombardements israéliens contre le Hamas dans la bande de Gaza, Israëlavait demandé à 100 000 habitants d'évacuer leur domicile. Ces mises en garde n'auront pas suffit à éviter le pire.Quatre enfants ont été fauchés par un missile sur une plage très fréquentée de Gaza, à quelques centaines de mètres d'hôtels où logent des journalistes occidentaux.Ces derniers ont rapidement témoigné du drame. Tous expliquent que le groupe d'enfants se trouvait sur cette plage de pêcheurs pour jouer au football, confirmant des photos prises par une agence de presse locale, Media24. Un premier missile israélien a d'abord touché, peu après 16 heures (14 heures à Paris), une cahute sur la digue du port de pêche de Gaza. Les images de TF1 montrent des navires de guerre israéliens croisant au large quelques instants plus tôt.

 

L'un des enfants meurt sur le coup de cette première frappe, explique leNew York Times. Alors que les autres garçons se mettent à courir, une deuxième frappe atteint le groupe, et en tue trois autres. Les survivants, blessés, vont chercher de l'aide, alors que des Palestiniens adultes partent à la recherche des victimes.« Les gamins terrifiés remontent la plage en criant » raconte l'AFP. Trois d'entre eux sont couverts de sang et commencent à être soignés sur la terrasse de l'hôtel Al Deira, au milieu des journalistes.

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« J'ai mal, ma poitrine brûle, ma poitrine brûle », crie l'un d'eux. Une des victimes se tient le ventre en hurlant avant de s'écrouler et d'êtretransportée à la hâte vers les secours par le personnel et les journalistes, dont celui du Guardian, qui se dit très choqué. Une autre ambulance emporte aussi un homme dont la jambe a été arrachée.

« ILS ONT COURU À LA MORT »

Au total, quatre enfants (deux âgés de 10 ans, un de 9 ans, l'autre de 11 ans) ont été tués et au moins cinq autres ont été blessés dans ces frappes, selon le responsable des services des urgences à Gaza. Les victimes sont des cousins d'une seule et même famille de pêcheurs, les Baker, « très connus à Gaza » selon France Info.

Le photographe de NBC News était présent au moment où une mère a appris la mort de ses enfants. « L'horreur »décrit-il, avant de poster la photo de cette mère (ci-dessous), et une vidéo d'elle traumatisée, déambulant en criant au milieu des journalistes.

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 A mother reacts to the news that her son was one of 4 boys killed in Israeli shelling of seaport

09:51 Écrit par elhajthami | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook