ABDELKADER MANA

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27/12/2014

Disponible en librairie

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16:38 Écrit par elhajthami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Mort de l’essayiste et romancier Abdelwahab Meddeb (1946-2014)

Photographie non datée d'Abdelwahab Meddeb, fournie par sa famille.

Poète, islamologue, essayiste et romancier, né en 1946 à Tunis, Abdelwahab Meddeb est mort à la clinique Bizet, à Paris, mercredi 5 novembre, d’un cancer du poumon. Grand érudit, pétri de culturemusulmane et occidentale, il plaidait sans relâche pour un Islam des Lumières, un dialogue des civilisations face au choc des nations, des images et des représentations. Abdelwahab Meddeb a enseigné la littérature comparée à l'université Paris-X-Nanterre, dirigé la revue Dédale et produit l'émission « Cultures d'Islam », sur France Culture. Il est l'auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont Talismano (Christian Bourgois, 1979),Contre-prêches (Seuil, 2006), Sortir de la malédiction. L'Islam entre civilisation et barbarie (Seuil, 2008), Pari de civilisation (Seuil, 2009),Printemps de Tunis, la métamorphose de l’histoire (Albin Michel, 2011) et une Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à nos jours(Albin Michel, avec Benjamin Stora, 2013).

Passionné par la littérature la plus exigeante, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui conduisirent ce poète et romancier franco-tunisien àdescendre dans l’arène des débats. « Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), son ouvrage-phare, dans lequel il invitait le monde musulman à balayer « devant sa porte » et à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il ne cessa de combattre l’islamisme radical, tout comme le mépris ignare pour les musulmans dans lequel se complaisent certains intellectuels français.

« Je porte en moi la maladie de l’islam »

Une position singulière, qui lui valut d’avoir des adversaires dans chaque camp. Mais aussi de nombreux amis et soutiens, tels l’islamologue Christian Jambet, le philosophe Jean-Luc Nancy, l’historien d’art Jean-Hubert Martin, l’essayiste Olivier Mongin, ancien directeur d’Esprit, qui lui proposa d’entrer dans le comité de rédaction de la revue. Ou encore le musicien Michel Portal, qui vint jouer Mozart et Schubert et improviser à la clarinette dans sa chambre d’hôpital, afin d’apaiser les souffrances de cet irréductible amoureux des arts.

« Je porte en moi la maladie de l’islam », disait-il encore alors qu’il luttait contre son cancer. Dans une dernière tribune, parue le 9 octobre dans Le Monde à la suite de l’exécution de l’otage Hervé Gourdel, il enjoignait aux siens de « protester, en tant que musulman, ces horreurs puissent être faites en notre nom » et de ne pas cesser à « transmettre les merveilles de l’Islam ».

Pour lutter contre le littéralisme et l’intégrisme, séparer le politique du théologique, il propose de chercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi (1165-1240) notamment, la voie d’un islam ouvert à la pluralité des mondes. Cette préoccupation est au cœur du Portrait du poète en soufi, son dernier ouvrage, qui vient de paraître aux éditions Belin (181 pages, 19 euros), dans lequel un poète nomade s’adresse à Aya, sujet de son amour : « Quand tu donnes tu donnes tout/C’est la passion qui te meut. » Un vers qui va comme un gant à Abdelwahab Meddeb, qui fut toute sa vie animé par la passion de l’Islam et dévoré par sa maladie.

Photographie non datée d'Abdelwahab Meddeb, fournie par sa famille.

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25/12/2014

Disparition

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En attendant qu'ait lieu le colloque sur les pèlerinages circulaires en Méditerrannée qui était prévu à Essaouira du 21 au 25 juin 2010, je flanais du côté du port en prenant des images des mouettes dans le vent. C'est alors que m'était venue l'idée d'insérer des portraits des personnages que je cotoie chaque jour dans les ruelles d'Essaouira et d'intituler cette note : "Figures d'Essaouira". Or il se trouve que j'avais pris alors le portrait du photographe Jacques Paul Guillaume en plein maché non loin de la maison qu'il avait acheté et où il vivait déjà depuis de  nombreuses années au point de mériter pleinement d'être considéré comme l'une des figures marquantes de la ville.

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J'aprends maintenant que Jacques Paul est décédé ce mercredi 24 décembre 2014 en fin de journée.Il vint et se fixa au Maroc, à Essaouira d'abord dans la proximité de la mer et heureux de la présence de nombreux Bretons, puis à Marrakech et à nouveau à Essaouira. Il commença par photographier avec un petit Coolpix les émotions de commerçants marocains maniant l'argent dans des petits marchés des Chiadma et des Haha.

Jacques Paul : ses thèmes artistiques au Maroc Les souks

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 Qu’est-ce qui t’a intéressé dans les souks ?

Je suis dans une période de ma vie durant laquelle la théorisation n’évoque plus grand chose pour moi. Ce n’est pas dans une volonté d’être dans le non dit. Je suis plus dans le regard que dans une explication de ce qui touche au regard. La photo est un moyen de mettre en évidence ce que j’ai vu. Ce n’est pas un refus de dire, ni une incapacité. Je suis arrivé dans une période de ma vie dans laquelle il est important de voir le monde sans le penser, sans catégorisation, sans que la pensée ait d’importance.souk en couleurs.jpg

Quels sont les souks qui ont le plus d’importance ? 

Le premier et le plus grand pour moi est celui de Had Dra. Il est le plus significatif car on y trouve de tout, toutes les corporations et il est très vivant. Il est fabuleux, mais les guides commencent à y amener les touristes. Les cars n’y vont pas encore, mais cela ne saurait tarder. Il y a aussi le souk des Ida ou Gourd. Dans les Haha, il y a les Aït Daoud à 80 km de Smimou. On peut aussi évoquer Akermoud. Après Ounara, sur la route de Casa, il y a aussi Talmest, un autre souk important. Il y a aussi Taftnecht. 

Je sais que les paysans n’aiment pas toujours les souks car ils disent qu’ils doivent se lever à 4 heures du matin, marcher de nuit, prendre le petit déjeuner avant le lever du jour. Puis, il vendaient un petit animal et ensuite achetaient ce dont ils avaient besoin. A dix heures ou onze heures du matin, tout était terminé. 

J’ai aussi constaté qu’il n’y a que très peu de femmes dans les souks. Celles-ci ne viennent qu’à l’occasion du moussem et elles viennent avec les enfants. Il a seulement de rares femmes, toutes mendiantes. On pourrait donc appeler le regard sur les marchés, des souks et des hommes.  Il y a toutefois une exception dans la région, c’est le souk de Zawiyyat  Sidi Mokhtar où on trouve des populations arrivées à différences époques du Sahara et toujours habillés à la mode saharienne.aeganier.jpg

 Ainsi parlait Jacques Paul Guillaume des arganiers:

Je me suis intéressé aux arganiers le 27 janvier 2010. Je revenais d’une promenade, je suis passé devant un arganier et tout s’est alors révélé. C’est une rencontre avec un arbre.  Il s’agissait d’un arbre très vieux, centenaire ou bicentenaire.  Après cette rencontre, j’ai compris que c’est l’arbre qui m’a interpellé » et non moi qui ai décidé d’aller voir un arbre. C’est comme une rencontre amoureuse qu’on ne peut ni comprendre ni expliqué. Il venait de me faire comprendre qu’il était autre chose qu’un arbre. Il souhaitait me faire voir sa beauté. Ce fut une expérience vivante. A ce moment, il est vrai que c’est comme cela que je l’ai vu . 

 

 

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