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08/12/2009

Lire Zouzaf

Lire Zouzaf

Par Mohamed Kheir -Eddine

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Mohammed Kheir Edine le poète

Zouzaf est l'un des grands artistes peintres et plasticiens dont il est agréable de regarder les œuvres. Quel chatoiement et quel luxe de détails ! Chaque tableau induit une musicalité et une scripturalité superbe. Mais il y a là un art venu des profondeurs de la tradition berbéro - africaine. Quelques élémentarités à jamais perdue : écriture très ancienne et que l'artiste Zouzaf a réussi à moderniser avec un talent digne des meilleurs maîtres de la picturalité contemporaine. Je parle d'un Paul Klee ou d'un Kandinsky...et de beaucoup d'autres qui ont agencé et la couleur et le sens des symboles. Exactitude, précision du trait et de la forme, tout concourt dans ce beau travail à magnifier l'opulence d'un vieux savoir dont seules quelques notes nous parviennent. Sonorité féminisante. C'est le bruit des fonds des âges qui sort de ces tableaux exemplaires. Et ce bruit de fond n'est rien de moins qu'une mouvance, l'agitation d'êtres ayant vécus dans d'autres univers et dont Zouzaf peint les formes, délicates avec application et une tendresse infinie. Nous les voyons évoluer sur toute la surface du tableau. Tous ont des tons et des rayonnances différents...et chacun parle sa propre langue. .

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Oueuvre du peintre Mohamed Zouzaf

Je pense que cette parabole est très ancienne, mais elle est également la symbolique de notre propre monde. Ce monde si agité où nous évoluons sans trop bien savoir ce que nous faisons, ni où nous allons. Vaste Saga, s'il en est, mais cette saga s'équilibre d'elle-même ; elle est le reflet du comportement de cette humanité en pleine déréliction. Nous voyons donc que l'artiste, le pur créateur ne se contente pas seulement d'assembler des formes vides, il les fait vivre, leur donne pleine possession d'elles-mêmes, de leur valeur particulière, il assume son rôle de créateur en  les libérant et en s'en libérant lui-même. La célérité des mouvements que combine l'œuvre dans sa globalité est telle qu'elle implique des tensions historiennes bien déterminées. On peut y voir, en quelque sorte, des tranches périodiques et y lire une pensée autre, en dépit de cet hermétisme dont on croit qu'elle se couvre. Ici, rien n'est occulté au profit d'une démesure ou d'une débauche que beaucoup semblent préférer à une véritable précision qui est seule capable d'alerter notre intelligence des choses de l'Art.

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La texture même des œuvres de Zouzaf est matériellement chaude, en conséquence, elle est vive. Cet artiste peu commun travaille carrément sur du parchemin...et lorsqu'on observe certains de ses tableaux, on a l'impression d'ouvrir de véritables grimoires. Une bibliothèque secrète ? Un grand esprit à la fois traditionnel et moderne ? Zouzaf est tout cela en même temps.

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Nous avons traité précisément, en prolégomènes, de la spécificité, oh combien particulière, de la symbolique partout incluse dans l'œuvre de Zouzaf. Nous avons dit aussi que cette symbolique provient d'une historicité dont les soubassements remonte aux premiers balbutiements du langage humain. On découvre chez cet artiste original des critères et des paramètres scripturaux extrêmement anciens qui sont l'amplitude des premières écritures dont les premiers hommes civilisés se sont servis pour communiquer entre eux et pour mieux analyser leur environnement. En effet, lorsqu'on regarde attentivement les compositions de Zouzaf , l'on remarque d'emblée une suite de personnages tout droit sortis des hiéroglyphes ...et ils sont tellement imbriqués dans un sens, dans un mouvement équilibré qu'ils se transforment miraculeusement en un texte parfaitement lisible.

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Ces personnages sont identiques à ceux décrits soit par les bas ou des hauts - reliefs, soit dans les textes historiques. Ils composent un mosaïque qui n'en finit pas de nous charmer, car ces êtres infimes ont des attitudes caractéristiques d'un passé toujours présent dans nos mémoires. Ils nous font revivre, grâce au travail minutieux  de l'artiste, des époques dont nous savions rien d'autre que ce que les annales on en dit. Ceci ressemble donc étrangement à un rêve remémoré par un acte pictural inspiré. C'est bien ce qui donne à zouzaf l'envergure des grands peintres visionnaires et c'est pourquoi il ne s'est jamais contenté de tracer des calligraphies ordinaires, étant beaucoup plus proche au sens réel du monde que ces traces, fussent-elles impeccables, dont usent et abusent certains qui pensent que l'Art n'est rien de moins qu'un assemblage de traits convenablement agencés.

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Mohamed Kheir Eddine
Il y a ici, comme nous l'avons suggérer plus haut, un sens évident de la problématique de la modernité. Toutes les modalités y afférant s'y retrouvent, groupées en équations colorielles distinctes. Les surréalistes ont, en leur temps, approché cette recherche qui consiste à déterminer l'inclusion du rêve dans l'exigüité d'une existence étriquée. Ils avaient donc réussi à décentrer l'effet de l'instantanéité en opérant à partir de l'onirisme, mais ils n'ont pas répondu à la demande de la conscience - car c'était le rêve, l'inconscient qui les régissait. Il est vrai toutefois, qu'ils ont cru et fait de la modernité leur propre spécificité, à savoir un crédo prépondérant. Mais ils n'avaient pas d'assises autrement que celles que leur inspira l'art négro-africain qu'ils ont tout de suite pris en charge et dont ils découvert les vertus récurrentes. Chez Zouzaf, en revanche, il y a véritablement une assise, une tradition, car son art procède de sa propre ancestralité.

C'est tout un univers génétique qui est représenté dans sa globalité - et ses lignes, ses linéaments vifs sont ce qu'il convient d'appeler un chapelet historien - celui de la mémoire sudique.

Essaouira, le 10 mai 1994

Mohamed Khaïr -Eddine : « Connaissance de l'écriture picturale »In : El Bayane, 27 et 31 mai 1994

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Mohamed Zouzaf

E-mail:zouzafart638@gmail.com

GSM:06.66.01.40.65

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21:16 Écrit par elhajthami dans Arts | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : arts | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L'Aïd El Kébir

La fête du sacrifice : l'Aïd El Kébir

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Mimoun Ali

Samedi 28 novembre 2009, fête de l'aïd el- Kébir. Dés le matin, juste après la prière de l'aïd, venus des campagnes de tout le Maroc ,des milliers de bouchers parcourent les grandes artères vides de Casablanca, avec leurs couffins remplis de coutelas. Depuis quelques jours déjà, presque tous les commerçants ont quitté la grande métropole pour aller fêter en famille dans le Sous et le grand sud du pays. De sorte que les quelques touristes qui atterrissent en cette période à Casablanca ont du mal à trouver un buraliste ou une sandwicherie ; seul un restaurant chinois vient d'ouvrir dans ce Chinatown  qu'est devenu ce quartier des grossistes qu'est devenu derb Omar, mais le menu asiatique est hors de portée des petites bourses.

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Berhiss

Dans toutes les cours et terrasses on procède au sacrifice du mouton abrahamique. Et en guise de feu de joie, les jeunes allument de grands bûchers où sont grillés les têtes de moutons aussitôt après le sacrifice. Commence alors le festins de viande le plus copieux de l'année : d'abord les brochettes de cœurs et de foi enveloppés de graisse (malfouf), ensuite, « les tripes à la sauce » (tqaliya) le soir, et le lendemain matin, «tête fumée et salée au cumin » en guise de petit déjeuner (lambakhar), à midi, grillade de côtelettes et au soir méchoui ou ragout de viandes aux prunes et aux amendes.

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Rachid Amirhouch

Les boucheries sont prises d'assaut par les quatre - quatre de bourgeois leur amenant les carcasses de leurs moutons à découper : il est loin le temps où le père de famille s'acquittait lui-même de cette tâche avec plaisir à domicile sous le regard goguenard, et amusé des femmes et des enfants. Les modernistes ne sacrifient plus et en cette période de crise, dans les classes moyennes ,on assiste de plus en plus à la cotisation de plusieurs familles du même lignage, pour l'achat du mouton de l'aïd : preuve du déclassement des dites « classes moyennes » .

Les ruelles sont parcouru en tous sens par des charettes pleines de peaux du sacrifice et le charretiers de crier à intervalles régulières :

« labtana !labtana ! La Peau ! La Peau !

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Berhiss

Les gens se débarrassent ainsi des peaux qui risquent d'infester de mauvaises odeurs leurs appartements, et les charretiers ont là une bénéfique source de revenu, en revendant ces peaux aux tanneurs et aux marchands de laine. Mais il n'y a plus de herma, ce personnage masqué et recouvert de peaux qui amusait les enfants en parcourant les rues ainsi accoutré. Ce carnaval accompagnait de mascarades existait pourtant au Maroc. Ainsi , à Essaouira à la veille de l'Aïd El Kébir, la fête du sacrifice, les enfants parcouraient les rues en chantant cette comptine :

La Pie

Pie, ahah !

Carrelée, ahah !

Viande fraîche, ahah !

Et n'égorge, ahah !

Et ne dépèce, ahah !

Jusqu'à ce que vienne

Moulay ali,

Le doré, ahah !

Il a bu la sangsue

Aussi grande que l'astre

Pour guérir, ahah !

Sueur d'encens, ahah !

Où est l'encens ?

Chez l'herboriste

Où est l'herboriste ?

Dans la citerne, ahah !

Patronne de la maison, haw, haw !

Donne -moi quelque chose, , haw, haw !

Ou bien je pars,

En rompant,

Comme le serpent.

Providentielle, , haw, haw !

Sur l'olivier, , haw, haw !

Cette maison est la maison de Dieu

Nous partons, libérez-nous

Ô Maison de la Providence !

Les femmes donnaient à ces enfants de chœur, qui sillonnaient les rues, en allant d'une maison l'autre, un mélange de henné de sel et d'orge, que le bélier du sacrifice devait avaler avant d'être égorgé par Moulay Ali le doré. Déjà au début des années quatre vingt, date de notre enquête sur la tradition orale locale, cette comptine n'était plus évoquée que par de vieux Souiris (ces enfants de Mogador), lorsqu'ils évoquaient les années folles de leur enfance.

Abdelkader Mana

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Abdelkader Bentajer

 


09:14 Écrit par elhajthami dans Comptine d'enfance | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : musique, poèsie, arts | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook